Monuments, édifices de Paris
Cette rubrique vous narre l'origine et l'histoire des monuments et édifices de Paris : comment ils ont évolué, comment ils ont acquis la notoriété qu'on leur connaît aujourd'hui. Pour mieux connaître le passé des monuments et édifices dont un grand nombre existe encore.
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LES PONTS DE LA CITÉ
(D'après Paris, 450 dessins inédits d'après nature, paru en 1890)

on a vu que la Cité était reliée aux deux rives de la Seine par neuf ponts : quatre sur le grand bras du fleuve au nord, quatre sur le petit bras au sud, et le neuvième traversant les deux bras et reliant les deux rives.

Place et Pont Saint-Michel

Les quatre ponts du sud sont le Petit Pont, le pont Saint-Michel, le pont au Double et le pont de l'Archevêché.

Le Petit Pont, qui existait sous la domination romaine, fut probablement le premier construit à Lutèce, puisqu'il assurait les communications du vainqueur avec le Midi d'ou il venait. D'abord construit en bois, rebâti en pierres par l'évêque Maurice de Sully en 1185, emporté neuf fois ensuite par les inondations, il périt à la dixième, en 1718, par l'incendie qu'alluma dans les maisons dont il était chargé un bateau de foin enflammé qui s'en allait à la dérive. Reconstruit la même année, il dura cette fois cent trente-quatre ans. Ses trois arches furent démolies en 1852 et remplacées par un pont d'une seule arche en meulière et ciment, long de 38m,40. La voûte surbaissée forme un arc de cercle oblique plus élevé de 1m,50 à l'aval qu'à l'amont ; cette curieuse disposition a été commandée par l'alignement du quai de la rive droite.

La construction du pont Saint-Michel ne fut ordonnée qu'en 1378 et achevée qu'en 1387. Comme il avait pour utilité de faire communiquer l'île de la Cité avec

Le pont au double à l'Hotel Dieu

la rive gauche de la Seine, il prit le nom de Saint-Michel d'une petite chapelle qui occupait l'angle sud-ouest de la cour de la Sainte-Chapelle dans l'intérieur du Palais. Rompu par les glaces en 1408, en 1547 et en 1616, reconstruit tantôt en pierres, tantôt en bois, il fut rebâti décidément en pierres cette même année 1616, par une compagnie qui se réservait le privilège pour soixante ans d'y bâtir trente-deux maisons qui existaient encore dans les premières années du présent siècle, et ne disparurent qu'en vertu d'un décret de Napoléon Ier, rendu le 7 juillet 1807 au camp de Tilsitt.

Le pont Saint-Michel est porté sur quatre arches à plein cintre ; long de 61 mètres et large de 25 mètres entre les têtes. Dans l'imposte de chaque pile, une N majuscule taillée en relief dans la pierre rappelle le règne de Napoléon III.

Le pont au Double fut construit originairement par lettres patentes de Louis XIII, datées de Fontainebleau en mai 1634, en vertu desquelles les gens de pied qui

Pont de l'Archevêché
traverseraient le nouveau pont devaient payer un double tournois, c'est-à-dire deux deniers. Les bâtiments qu'on y construisit et qui faisaient partie de l'Hôtel-Dieu furent abattus en 1835 ; il fut remplacé en 1847 par un nouveau pont d'une seule arche, lequel fut reconstruit à son tour en 1882. Il fait communiquer la rive gauche avec le Parvis Notre-Dame et la rue d'Arcole.

Le pont de l'Archevêché, qui conduit du quai Montebello au terrain occupé par le square et la fontaine de la Vierge, ne date que de 1828 et fut construit en vertu d'une ordonnance du roi Charles X, du 6 décembre 1827 ; il est d'une longueur de 67m,20, et compte trois arches, celle du milieu de 17 mètres d'ouverture et les deux autres de 15 mètres.

Tournant du sud au nord, en passant entre le terrain de l'Archevêché et la Morgue, on rencontre le pont Saint-Louis, qui mène dans l'île de ce nom. Les vicissitudes de ce pont, dont l'assiette est aujourd'hui si solide, défrayeraient une monographie spéciale. Primitivement construit en bois par le sieur Marie, concessionnaire des travaux de l'île Saint-Louis, il fut construit entre les années

Le pont Saint-Louis
1624 et 1634. A moitié emporté par les glaces en 1709 ; totalement détruit en 1710, reconstruit, toujours en bois, en 1717, et barbouillé de rouge, d'où le nom de Pont-Rouge sous lequel il fut longtemps désigné, il fut emporté, comme tant d'autres choses plus anciennes et en apparence plus solides, dans les dernières années de la Révolution ; une crue de la Seine occasionna ce désastre. A sa place, une société anonyme édifia, en vertu d'une loi du 15 mars 1801, un nouveau pont en charpente, sur piles et culées en maçonnerie. Il prit alors le nom de pont de la Cité. Au bout de quarante ans, il tombait en ruines et ses concessionnaires furent autorisés en 1842 à le convertir en une passerelle suspendue en fil de fer et n'ayant qu'une seule travée ; enfin la passerelle elle-même a disparu ; un beau pont en pierre de taille a été bâti sous le règne de Napoléon III, en 1861-1862, un peu au-dessus de l'emplacement qu'occupait le Pont-Rouge.

Continuons maintenant notre promenade par le quai nord de la Cité, ci-devant quai Napoléon, aujourd'hui quai aux Fleurs.

 


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