Rues et places de Paris
Cette rubrique vous livre les secrets de l'histoire des rues et places de Paris : comment elles ont évolué, comment elles sont devenues le siège d'activités particulières. Pour mieux connaître le passé des rues et places dont un grand nombre existe encore.
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RUE DE MIROMENIL
VIII
e arrondissement de Paris

(Histoire de Paris rue par rue, maison par maison, Charles Lefeuve, 1875)

Notice écrite en 1861. La rue Miroménil n'était encore coupée ni par les boulevards Hausmann et Malesherbes, ni par la place formée au bout de la rue de Laborde, ni par les rues de Rovigo et de Lisbonne. Elle ne s'est également prolongée que depuis entre la rue de Valois, qui s'ajoutait à celle de Monceau, et le boulevard des Batignolles.

Percée au commencement du règne de Louis XVI sur un terrain qui appartenait à Armand-Gaston, Camus, avocat, propriétaire de l'hôtel Beauvau, cette rue eut pour parrain Hue de Miroménil, Garde des sceaux, sous le ministère duquel fut abolie la question. A ladite s'ajouta la rue Guyot ouverte deux années après à la diligence de Senneville, Aubert et de Lettre. Deux autres rues poussèrent en 1813, et en 1826 Cette voie de communication jusqu'à la rue de Valois.

Au moment de la première de ces trois annexions, tout un côté de la rue Miroménil appartenait au susnommé Camus, à l'exception d'une seule propriété enclavée entre deux des siennes et qui était acquise à Bigonet. Cinq propriétaires d'autre côté de la rue semble avoir dicté dans le même temps leurs noms à quelque scribe qui les aurait écrits d'une manière encore moins irréprochable, que celle-ci : D'Orgemont, la baronne d'Alleps ou le comte de Camille, Marcelin et de Castellan, le marquis Andrault de Langeron. On remarquait pourtant avant 89, un hôtel de Roquefeuil dans cette rue.

Notre collecteur de documents locaux a trouvé, pour sa part, au fond du n°33, un pavillon décoré de bas reliefs, avec un arbre qui a été planté avant que l'architecte Le Camus de Mézières dessinât l'hôtel de Beauvau. Le duc de Noailles avait été antérieurement propriétaire du terrain occupé dans le faubourg Saint-Honoré par l'hôtel Castellane et par les immeubles voisins. Mais la construction au susdit pavillon date encore de plus loin, il n'en faut pas douter, puisque son ancien escalier, qu’on a gardé dans un grenier, est bel et bien à balustres de bois.

Les sculptures beaucoup plus apparentes du n° 53 représentent deux voitures à trois corps, à quatre chevaux, et rien n’y manque, pas même les noms de ces voitures ; la Laure et l’Élisa. L'administration des gondoles parisiennes, diligences pour Nanterre, Versailles, Marly et Saint-Germain, s'y établissait en 1824 et construisait, pour se faire des remises, le hangar qui est vis-à-vis. A ces voitures, qui ne menaient qu'à la campagne, il en succéda d’autres qui conduisaient les gens jusque dans l'autre monde. Mais les Pompes funèbres n'eurent leur garde-meuble, leur vestiaire ; leurs écuries et leurs remises dans la rue de Miroménil, que jusqu’en 1853.

Contentons-nous, par conséquent, d'un fiacre pour nous transporter.

 

 

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