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RUE NOTRE-DAME-DES-CHAMPS (Histoire de Paris
rue par rue, maison par maison, Charles Lefeuve, 1875)
Notice écrite en 1862. Origine: ancien chemin de la chapelle de Notre-Dame des Champs. L'apôtre saint Dénis avait rendu dévote à la Sainte Vierge des fidèles rassembles en dehors de la ville, dans un lieu où s'élevait déjà l'église de Notre-Dame-des-Champs sous les derniers roi mérovingiens : Des moines de Marmoutiers la desservaient, sous le règne de Hugues Capet, et avant peu elle devint le chef-lieu d'un prieuré : La communauté de bénédictins que le prieur de Notre-Dame-des-Champs avait sous sa conduite céda le monastère, en 1604 aux carmélites, qu'on y retrouve encore de nos jours rue d'Enfer. Quand Mlle de la Vallière entra chez ces religieuses, pour s'y appeler soeur Louise, la rue reprit, au contraire, le nom de l'ancien prieuré, après n'avoir été pendant deux siècles qu'un chemin dit Herbu, puis du Barc. D'un bout à l'autre elle côtoyait l'enclos des chartreux de la rue d'Enfer, lequel avait plus d'étendue que le jardin du palais d'Orléans-Luxembourg. Le séminaire d'Orléans se trouvait substitué agi prieuré dans les droits féodaux qu'il avait exercés sur une portion de cet enclos. Ne dirait-on pas que 1a rue Notre-Dame-des-Champs regrette encore de n'être plus un chemin ? Les habitants n'ont pas entièrement cessé d'y cultiver la terre. Paris, il est vrai, ne fit d'abord sienne qu'une moitié du parcours de cette voie, laissée encore à mi-corps dans les champs, mais tout en était dans la ville avant que la Nation confisquât le clos des Chartreux, déjà bordé d'importantes constructions. A l'entrée de la rue, les filles de la Mort s'établirent les premières, avec une chapelle sous l'invocation de sainte Thècle. A cette congrégation succéda la communauté de Mlle Cossard, ci-devant rue Princesse, qui fut dite du Saint-Esprit. La fondatrice de cette institution avait prévu le cas de suppression, qui, en effet, se présenta, et, en vertu des mesures qu'elle avait prises, l'Hôpital-Général devint propriétaire, l'an 1707, des bâtiments de sa communauté. Les frères des Écoles chrétiennes s'en rendirent acquéreurs ; leur noviciat, maison de l'Enfant-Jésus, y fut surpris par la Révolution, ainsi que la chapelle du Saint-Esprit, où la messe était encore dite par un chapelain à la nomination de l'Hôpital Général. Des bâtiments, plus rien qui reste depuis le percement de la rue de Rennes. Le plus ancien hôtel de la nôtre fut construit pour Chenard d'Honcourt, qui eut pour successeur son frère, seigneur de Bugny ; le fils de celui-ci vendit à M. de Villers, premier mari de la comtesse Duchâtelet, née de Mailly ; laquelle dame eut pour cessionnaire en 1753 le marquis de Mailly, comte de Rubempré, brigadier des armées du roi. Cette propriété, qui avait englobé l'hôtel du président Ogier, se divisait sur la fin de l'ancien régime en grand et petit hôtels de Pons. L'abbé Terray, ministre de Louis XV, étrenna dans la même rue un hôtel richement meublé : il y avait mis un lit de 80,000 livres, qu'on montrait aux curieux. Une marquise de Fleury, qui avait été la Dufresne, courtisane d'une beauté rare, n'avait pas attendu que cet hôtel passât Fleury pour souper en tête-à-tête avec son fondateur. Le mariage et le titre de cette parvenue ne l'empêchèrent pas de mourir dans l'indigence, elle qui avait mangé la rançon d'un roi : ses deux fils étaient capitaines, l'un de dragons et l'autre d'infanterie. Les lits et, les soupers du collège,
Stanislas n'ont, par bonheur, eu de commun avec ceux de l'abbé
Terray que le local la pension que l'abbé Liautard avait fondée
en 1804 fut constituée en 1821 collège particulier de plein
exercice, sous le principal prénom de Louis XVIII, qui portait
un vif intérêt à l'établissement. Ce collège
occupait l'ancien hôtel Terray et des propriétés attenantes
; mais avant la fin du règne de Louis-Philippe, professeurs et
élèves se sont transportés dans l'ancien hôtel
de Mailly, dont on avait fait entre-temps une brasserie. Larue et le Passage
Stanislas se soit ouverts au travers de l'ancien territoire du collège,
qu'y remplacent encore deux pensions, l'une au coin de ladite rue et l'autre
quelques portes plus loin. L'entrée des catacombes, pour les ouvriers,
est en regard. Du temps de Mme de Tournon, il y avait sur
la ligne opposée l'hôtel Dulau, plus haut que l'hôtel
de Montmorency-Laval, postérieurement raffinerie Santerre, qui
se retrouve près la rue L'architecte Vavin a construit en 1790 des maisons rue Notre-Dame-des-Champs. L'une d'elles, danse laquelle Mlle Rosa Bonheur a eu son atelier de peinture, est maintenant occupée par les soeurs de Notre-Dame-de-Sion. Un passage, qui, appartenait a la famille de l'architecte, s'érigeait en rue Vavin au commencement du règne de Louis-Philippe. |
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