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RUE DE LA VRILLIÈRE (Histoire de Paris
rue par rue, maison par maison, Charles Lefeuve, 1875)
Notice écrite en 1861. La rue des Fossés-Montmartre allait jusqu'à la rue Croix-des-Petits-Champs, avant le raccourcissement de celle-ci. Mais la place des Victoires ; lors de sa formation, ne communiqua pas tout de suite avec la rue de la Vrillière il fallut jeter par terre un bâtiment qui interceptait la vue de part et d'autre : place fut ainsi faite une venelle, dite rue Percée, puis petite rue de 1a Villière et présentement Catinat, sur laquelle quatre maisons ont des croisées, mais pas une porte. Le plan de Lacaille, en 1714, présentait ladite ruelle comme une avenue ajoutée au grand hôtel qui maintenant est celui de la Banque toutefois les deux rives de la rue de la Vrillière était loin de se relier par l'unité de propriété. La première maison de cette rue, côté droit, appartenait à Leduc architecte ; elle fut restaurée, sous le règne de Louis XV, par un autre architecte, qui s'appelait Desmaisons. Les bureaux du journal l'Union, qui en occupent un étage, ont des croisées donnant sur un balcon tournant, dont la grille est en fer battu bien ouvragé. L'encoignure de l'édifice sur la rue Croix-des-Petits-Champs est arrondie et dépasse hardiment l'aplomb du rez-de-chaussée. Lallemant Ludet et Chapuis, contemporains de Leduc, étaient propriétaires des n°s 6, 8 et 10, et Chevallier de la Motte avait le 4, qu'on vient de rétablir de fond en comble. Par conséquent, Rouillé, maître-des-requêtes et fermier des postes, n'avait réellement acquis, en l'an 1705, et chacun, de nous se contenterait à moins, que l'hôtel édifié au siècle précédent par François Mansard pour le secrétaire d'État Phélypeaux de la Vrillière, seul ministre de Louis XIV que le régent ait conservé. Louis-Alexandre de Bourbon, comte de Toulouse, s'en rendit acquéreur deux années avant là mort du roi, son père, et il y fit faire des changements considérables par Robert de Cotte, architecte. La cour que cet amiral de France tint à Rambouillet, rivalisait pour l'esprit et le ton avec celle de Sceaux. Son fils, le duc de Penthièvre, dernier héritier des fils légitimés de Louis XIV et de Mme de Montespan, servit avec distinction et se fit estimer par l'exercice de toutes les vertus. Florian, d’abord page de ce prince, restait son favori, distribuait ses bienfaits et gardait un logement dans son palais quoique la princesse de Lamballe, belle-fille du duc, y résidât. Cet ancien hôtel de Toulouse était décoré de peintures et de bas-reliefs magnifiques : 61 portraits en pied y représentaient les amiraux de France, depuis Florent de Varennes jusqu'au duc de Penthièvre. Un ordre de la Convention y transféra du Louvre l'Imprimerie nationale. Les discours des tribuns les plus ardents,
notamment ceux de Robespierre, se tiraient alors à 400,000 ; toutes
les fabriques de papier furent mises en réquisition, pendant trois
ans, pour subvenir aux exigences de cette immense consommation. Marat,
pour travailler pareillement au salut de la liberté, ne mettait
pas en jeu, dans la cour du Commerce, moins de trois presses ; qu'une
autorisation écrite de Danton, ministre de la justice, lui avait
permis d'enlever à l'Imprimerie nationale, pour le service de l'Ami
du peuple. Laverne, directeur dudit établissement, ne monta pas
sur l'échafaud, comme son prédécesseur, Anisson-Duperron
; mais il se jeta d'une des croisées de l'hôtel en 1804.
L'immeuble, sept années après, fut vendu par l'État
à la Banque de France, dont les bureaux, remplissaient précédemment,
sur la place des Victoires, le ci-devant hôtel Massiac. |
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